Comprendre les tarifs
Comment se compose la facture
Le tarif affiché sur une brochure ne correspond ni à ce que vous paierez, ni à ce que coûte l'établissement. Voici la décomposition réelle.
Trois tarifs, trois payeurs
Le tarif hébergement couvre le logement, la restauration, le ménage, la blanchisserie et l'animation. Il est à la charge du résident et de sa famille. C'est le poste le plus lourd, de 60 à 70 % de la facture, et le seul qui varie fortement d'un établissement à l'autre.
Le tarif dépendance finance l'aide et la surveillance quotidiennes : aides-soignants, psychologues. Il est cofinancé par le conseil départemental via l'APA et par le résident, selon son niveau de GIR et ses revenus.
Le tarif soins couvre le personnel infirmier, les médicaments et le matériel médical. Il est intégralement financé par l'assurance maladie via l'agence régionale de santé. Il n'apparaît pas sur votre facture.
À savoir
Les montants réels
Le tarif moyen d'une chambre individuelle non habilitée à l'aide sociale s'établit à 2 628 euros par mois en 2026.
Source : CNSA, données transmises par les établissements fin 2025.
Cette moyenne recouvre des écarts très importants : de moins de 2 000 euros dans certains départements ruraux à plus de 4 500 euros à Paris, où certains établissements privés dépassent 5 000 euros. L'Île-de-France est la zone la plus tendue, suivie de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Sur données 2024, la CNSA établissait un prix de référence mensuel moyen de 2 164 euros pour une place habilitée à l'aide sociale et 3 128 euros pour une place non habilitée, soit 66 euros contre 98,25 euros par jour.
Ce qui explique les écarts
Le coût de l'immobilier. Le tarif hébergement intègre l'amortissement du bâtiment. Un mètre carré parisien coûte trois à quatre fois plus qu'à cinquante kilomètres.
Le statut. Les établissements publics affichent en moyenne les tarifs les plus bas, suivis du privé associatif, puis du privé commercial.
L'habilitation à l'aide sociale. Dans un établissement habilité, les tarifs sont encadrés par arrêté préfectoral et les hausses annuelles limitées. Dans un établissement non habilité, le tarif est fixé librement.
Le niveau de prestation hôtelière. Chambres spacieuses, restauration élaborée, espaces verts : cela renchérit la facture sans constituer un indicateur de qualité de soin.
Le tarif différencié, à vérifier absolument
Depuis le décret n° 2024-1270 du 31 décembre 2024, un établissement habilité à l'aide sociale peut appliquer deux tarifs différents selon que le résident bénéficie ou non de l'ASH. L'écart maximal autorisé est de 35 %.
Concrètement, dans un même établissement public ou associatif, votre parent peut payer sensiblement plus cher que son voisin de chambre s'il n'est pas éligible à l'aide sociale. Les premiers retours de terrain font état de hausses de 10 à 12 % pour ces résidents.
Point de vigilance
Ce qu'on anticipe mal
Les tarifs augmentent de 2 à 4 % par an, soit une hausse cumulée de 8 à 12 % sur trois ans de séjour.
La durée moyenne de séjour est de 2 ans et 3 mois pour les résidents sortis d'EHPAD en 2023, un quart d'entre eux étant restés moins de deux mois.
Source : DREES.
Ce chiffre permet d'estimer un coût total, ce qu'il vaut mieux faire avant l'entrée qu'après.
Enfin, certaines prestations sont facturées en supplément : coiffure, pédicure, téléphone, télévision, transport, produits d'hygiène spécifiques. Demandez la liste écrite.